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Exploitation de film en classe : bien des avantages…

Dans le contexte habituel des étudiants non-spécialistes en anglais, il n’est pas possible au professeur de construire les compétences relatives à la lecture de romans, par exemple, en particulier les thèmes, échos, ironie structurelle, tous les dispositifs littéraires mis en œuvre par l’écrivain pour créer du sens. Parce qu’on ne peut prétendre maintenir l’attention sur plusieurs mois, à raison de deux heures par semaine sur un sujet unique.

En revanche l’écriture filmique —quand l’œuvre est suffisamment riche et complexe— permet une étude des techniques littéraires dans un temps beaucoup plus court.

En premier lieu l’intrigue, séquence par séquence, dans sa linéarité (ou sa non-linéarité) peut être examinée en détail, ce qui donne aux étudiants la possibilité de décrire des scènes, interaction des personnages, mouvements de caméra, du détail à l’organisation d’ensemble pour finalement déboucher sur le sens.

Ensuite il y a les thèmes (ex., La figure christique dans Blade Runner), que le professeur peut identifier et offrir à la réflexion des étudiants, à charge pour eux d’en repérer les fils conducteurs dans le film, et d’en instruire les apports respectifs au sens général.

Autre cible d’investigation, peu exploitée, la profondeur culturelle. Tous les films, à des degrés divers, sont des produits d’une certaine civilisation à un moment donné dans une société donnée, en sorte qu’il n’est pas de détail qui soit accidentel, il y a toujours référence à des connaissances spécifiques, partagées par tous dans la culture qui a produit cette œuvre, et cela aussi crée du sens.

Ainsi en travaillant sur un film on met en œuvre une recherche sur trois terrains majeurs de la culture ciblée : la langue de la narration, la création littéraire et le substrat culturel. En outre, on crée pour les étudiants une occasion motivante de produire des commentaires complexes dans la langue-cible. Bien entendu le principe n’est pas de passer deux heures de cours à regarder un film, mais de sélectionner une séquence-clé sur laquelle la classe va œuvrer. Ceci permet de collectivement mettre en place les stratégies que les étudiants transféreront ensuite à un travail en groupe de deux ou trois, chaque groupe composant sa propre contribution fondée sur la séquence ou le thème qu’ils auront choisi d’exploiter.